LA POLICE MILITAIRE DE LA BASE DE LONGUE-POINTE RÉSOUT SA PREMIÈRE ENQUÊTE

 

BFC Montréal, Qc. – Ce matin vers 11h, le caporal Patrick Roberge et la caporale Cindy Laflamme du 25e détachement de Police Militaire (MP) ont retrouvé le commissionnaire Gilbert Saint-Jacques qui était porté disparu depuis maintenant près de quatre semaines.

En effet l’homme de 72 ans manquait à l’appel peu après le début de son quart de travail le 14 août dernier alors qu’il était assigné à la porte d’accès côté nord de la base, rue Hochelaga.  Les MP de la base ont été avertis immédiatement mais ils ont mis plus de 36 heures à déployer une première équipe de recherche, nous explique le capitaine Rolando Lopez : «On a vraiment été pris par surprise d’avoir un vrai appel, généralement nos agents sont occupés à répondre à des situations comme de retrouver leur béret qu’ils ont laissé dans leur auto-patrouille ou de chasser le raton laveur qui fait toujours des nids dans le gym du PSP… On a jamais eu de vraies situations et ça a été compliqué de commencer les recherches sur le côté nord de la base… C’est un territoire qui est énorme à couvrir pour nos agents et ils ont pas trop l’expertise de trouver les choses perdues.  On cherche d’ailleurs toujours un de nos 9mm si vous voyez quelque chose…»

UN DUO MIS À L’ÉPREUVE

Après l’appel pour retrouver le commissionnaire, c’est l’équipe du caporal Roberge et de la caporale Laflamme qui a été la première sur les lieux.  «On était en train de lancer des roches dans la fenêtre en arrière du bâtiment 213 quand on a reçu l’appel.  On en revenait pas qu’il se passait quelque chose pour vrai.»  Raconte le caporal Roberge qui en est à sa 12e année comme MP à Longue-Pointe.  «C’est pas Valcartier ici, les MP là-bas doivent dealer avec les 22 à chaque jour, c’est Bagdad leur truc, ici à Longue-Pointe il se passe jamais rien.  On est plus souvent occupé à faire des fuck-you aux enfants de l’école d’en face qu’autrement.»  Rajoute la caporale Laflamme avant de lancer un morceau de pavé sur la vitre de sa propre auto-patrouille.

Le duo de policiers militaires poursuit en expliquant les longues et difficiles semaines d’enquêtes qu’ils ont dû mener pour retrouver monsieur Saint-Jacques.  «Ça a pas été facile, en plus on a commencé les recherches 36 heures après avoir reçu l’appel parce qu’on avait embarré nos clés dans l’auto-patrouille et parce qu’on avait besoin de faire une sieste pour être en forme.  Et tout le monde sait qu’après 36 heures les chances de retrouver une personne disparue en vie sont de genre 9% tsé donc c’était pas facile.»  Précise le caporal Roberge.  «On sait que les commissionnaires aiment vérifier les coffres des voitures donc on s’est mis à fouiller tous les coffres des voitures de la base qui entraient et sortaient au cas où monsieur Saint-Jacques serait tombé dans un des coffres par inadvertance.  Ça arrive plus souvent qu’on pourrait penser.  Ça a pas été très concluant au final, mais ça on est habitué.»  Enchaîne la caporale Laflamme, l’air sérieux.

UN CHANGEMENT DE TACTIQUE

«Après presque quatre semaines à fouiller les coffres des voitures on a finalement décidé de changer de tactique.  Et comme on dit dans les MP : Un MP qui sait s’adapter vaut mieux que deux MP qui font rien de toute la journée.»  Récite fièrement le caporal Roberge.  «Alors on a commencé à arrêter les gens sur la base pour leur donner des contraventions.  Le but c’était de donner l’impression qu’on les arrêtait pour de vrai mais en fait c’était pour les surprendre et les questionner à savoir s’ils avaient vu monsieur Saint-Jacques.  Évidemment les amendes elles sont vraies, ont a pas le droit de faker ça vraiment.»  Rajoute-t-il.  «Ça a finalement porté fruit, un gentil major nous a donné une piste qui nous a permis de retrouver monsieur Saint-Jacques… On lui a donné toute une amende salée à ce major-là.»  Explique la caporale Laflamme, en riant grassement.

C’est ainsi qu’à 15h lundi le 10 septembre le duo a retrouvé le commissionnaire âgé qui avait la tête coincée sous la clôture à quelque 20 mètres de l’entrée de la base où il avait été porté disparu.  Il a survécu pendant près de quatre semaines en mangeant les miettes de barre-tendre qu’il avait dans sa poche et en s’hydratant de ses propres larmes.  Les deux policiers militaires ont évidemment menottés l’homme, lui ont remis une contravention et ont appelé l’ambulance.  On craint toujours pour sa vie.

Les deux policiers-militaires se verront recevoir chacun l’Ordre du mérite militaire pour leur service exceptionnel par le Lieutenant-gouverneur du Québec.

Chaque année en moyenne 90 membres du Corps des commissionnaires sont portés disparus au pays.  La majorité se perdent ou restent coincés.

 

– Article par le caporal-chef Philippe Doucette pour Le Bleu et Or.

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